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Les Marbres du Nord de la France et du Boulonnais

(Prof.Dr. Eric Groessens, Géologue européen.
Service géologique de Belgique, 13, rue Jenner – 1000 Bruxelles)

Résumé :

L’industrie de la pierre dans l’Avesnois remonte à l’occupation romaine, par contre, le début de l’industrie marbrière et de bimbeloterie est contemporain du tracé définitif des frontières entre la France et la Belgique et de l’instauration d’une politique protectionniste. Les marbres du Nord et du Boulonnais sont des calcaires durs dévono-carbonifères de teinte généralement foncée, noirs ou parfois rouges. Les pierres et marbres du Nord étaient d’usage généralement local. Les produits fins, comme les cheminées, ont cependant été commercialisés dans toute la France. Les produits de bimbeloterie, et surtout les pendules ont, par contre été largement exportés dans les colonies anglaises et jusqu’aux Etats Unis. L’apogée de cette industrie se situe au cours de la seconde moitié du XIXème siècle. L’industrie pendulière a pratiquement disparu avant la Grande Guerre alors que la pierre de taille se maintient pendant quelques décennies. Un inventaire des principales variétés de marbres est réalisé. L’industrie marbrière dans le Boulonnais s’est développée parallèlement à la construction de la Colonne de la Grande Armée. Cette industrie est toujours fort prospère et ses débouchés sont universels.

Summary :

The origin of the stone industry in Northern France goes back as far as the Roman occupation. The marble industry started after the Belgian independance when the protection laws hindered the trade of manufactured marble pieces. The marbles works were now located mainly on the Belgian side (Rance, Barbançon etc) whereas the main custommers were in Paris. Many marble works moved to the other side of the frontier. All the limestones polished as marble are generally black or red in color. The stone industry was mainly a local business whereas the marble furniture, as the chimneys, were sold all over the country and the marble-clock industry was international, selling mainly in Britain and its Empire and in the States. The marble industry in the Boulonnais started with the erection of the Napoleon column at Boulogne-sur-Mer and is still very active nowadays.

MOTS-CLES : calcaire, marbre, brèche, Avesnois, Boulonnais, Dévonien, Carbonifère.
KEY-WORDS : limestone, marble, brechia, Avesnois, Boulonnais, Devonian, Carboniferous.


1.- Introduction

Lorsque l’on examine la Carte géologique de France on constate que dans la partie septentrionale de celle-ci, entre le Bassin de Paris et la frontière belge affleure un certain nombre de formations qui sur la carte tranchent par leur coloration plus foncée. Ce sont les roches du Paléozoïque. D’ouest en est, nous voyons d’abord la boutonnière du Boulonnais où affleurent, essentiellement dans des carrières, des formations dont l’âge va du Givétien au Westphalien. Puis au nord de Bavay, le Dévonien apparaît dans les vallées de l’Hogneau et des Honnelles. Plus au sud c'est l’Avesnois avec sa succession d’anticlinaux et de synclinaux dévono-carbonifères qui ont engendré la diversité des paysages caractéristiques de cette région. Viennent ensuite les massifs de Rocroi et de Givonne, avec leur cortège de formation du Paléozoïque inférieur, interrompu par le synclinal de Neufchâteau qu’occupent des formations terrigènes du Dévonien inférieur. De plus, il faut y ajouter une incursion dans la botte de Givet.
Notre propos se limite géographiquement aux régions marbrières et se déroule également dans le temps : les temps géologiques évidemment. Les marbres traités concernent tout le Dévono-Carbonifère, c’est à dire l’intervalle de 50 millions d’années qui se situe entre 380 et 330 millions d’années. Temps historiques aussi, puisque nous nous attachons à une région frontalière, avec une frontière éminemment variante et par conséquent des industriels qui en quelques années changent de nationalité et de régime fiscal. La défaite de Waterloo a rompu certains courants commerciaux ce qui a eu des répercussions funestes sur l’activité industrielle dans la région. Les écrits de la période post-napoléonienne sont d’un lyrisme désuet et témoignent des difficultés économiques de l’époque.«L’unique voeu du Chevalier Quivy, maître-marbrier à Maubeuge, est que la France, par vos soins (la Société d’Encouragement ) soit promptement délivrée du tribut étranger auquel elle est asservi, convaincu que notre belle patrie saura, comme Athènes, imprimer sur ses marbres le génie de ces habitants, et transmettre aux siècles futurs les témoignages de sa gloire » ou encore on décerne en 1823, une médaille d’argent au baron Morel « ce brave et digne militaire, qui après avoir honorablement servi sa patrie, emploie aujourd’hui les débris de sa fortune et les loisirs de sa retraite, a nous affranchir du tribut auquel nous avait asservis envers l’étranger notre indifférence à profiter de nos richesses minérales. ». Ce coté anecdotique ne doit cependant pas nous faire oublier que lors de la crise économique de 1847-48, il y eut dans le Nord, comme le rapporte J. Heuclin(1980), de nombreuses manifestations anti-belges et des émeutes ont éclaté en Avesnois, faisant entre autre 12 morts à Trélon, sans que l’auteur ne sache si cela avait un rapport avec l’industrie marbière.
Rappelons que le terme « marbre » employé dans ce texte, désigne, non pas des calcaires ou dolomies métamorphiques, mais uniquement des calcaires durs, d’origine sédimentaire et plus précisément marine, qui allient un aspect agréable à la possibilité de prendre un beau poli et d’être utilisé en décoration.

2. - L’Avesnois

A la fin du XVIIIème siècle, la région de Rance, Barbençon, Cousolre et Etroeungt était un centre marbrier important. J’ai traité ailleurs de l’importance de l’industrie marbrière de Rance et de ses apports, entre autre à l’agrandissement du Château de Versailles.(E. Groessens, 1992). Mais Rance, bien qu’étant probablement la plus ancienne et la plus importante localité marbrière, n’était pas unique dans la région.
Au XVIIème siècle Guicciardin précisait qu’on trouvait en Hainaut « de très belles carrières de pierres très propres à bastir et à mettre en besoigne et toute sorte d’ouvrage : voire y trouve t-on jusqu’à la pierre de touche et de paragon que les anciens ont nommé Index. L’Encyclopédie de M.de Felice (1773) nous livre une liste des marbres exploités à cette époque. Pour la «Flandre», il cite les marbres noirs de Dinant et Namur, les rouges de Charlemont, de Rance, Gochenet (=Gochenée), le Givet, le Brabançon (=Barbençon), le Groschou (?) , le Gravelle (il existe des lieux-dit Gravette(s) dans le Département du Nord) et «celui que l’on nomme Caisle » (?).
Il cite également le Florence «en Hainaut» (?), Loff (=Leffe), Solre-Saint-Géry, ou Pacagne, Renlies, Clermont, Strée, Franchimont, S.Remy (=Rochefort), de Dourlens (=Dourlers), de Liessies, de Trefon (=Trélon) de Fontaine-l’Evêque, de Cerfontaine, de Graudrieux (=Grandrieu) de Fil-Baudouin (Thy-le-Bauduin) et d’Ogimont (= Agimont). Pour les régions qui nous intéressent, il ne cite que Dourlers, Liessies et Trélon. Par contre, aucune mention de Boulogne.
J. Heuclin (1980) rapporte que quelques années plus tard, en 1787, le chapitre de Maubeuge accorde à Maximilien Lecat, pour 3 ans, l’exploitation d’une carrière à Cousolre et quelques mois plus tard, il concède l’exploitation d’une autre carrière aux sieurs A. Durieux et J. Boise «le long de la pied sente de Coulmie».
En 1798, le citoyen Friand, maître de carrière à Renlies, acheta un bâtiment de Cousolre, qui servait à la fabrication du genièvre, et le transforma en scierie de marbre. Mais les temps sont difficiles. Ainsi, le préfet Dieudonné (1804) écrit dans un rapport : « Chaque ménage a son occupation. Les chefs de familles et les jeunes gens travaillaient à diverses sortes d’ouvrages et y excellaient. Les vieillards sciaient et les femmes polissaient. Malheureusement les ravages de la guerre, les saccages de la Révolution qui ont fait disparaître les objets de luxe, ont plongé ce pays dans la plus profonde misère. A peine y compte-t-on une centaine d’ouvriers marbriers. Des jeunes gens qui s’étaient adonnés au dessin, à la sculpture, ont été forcés d’abandonner leur premier état et de travailler dans les forêts pour alimenter leur triste existence. S’il en est un petit nombre qui aient continué l’exercice de la profession, ils trouvent difficilement à se défaire de leurs ouvrages, rarement on leur en commande, le désœuvrement et la crainte de perdre leurs talents sont les principaux motifs qui les déterminent à en confectionner…»
On comprend aisément qu’au début du XIXème siècle, la plupart des établissements de la région étaient ruinés.
En 1793, le Hainaut avait été intégré en France et les barrières douanières abolies avec la République. A la chute de l’Empire, des cantons entiers changeront régulièrement de nationalité. Rance, par exemple, rattaché à la France lors du premier traité de Paris (1814), est récupéré par le Royaume de Pays-Bas après les Cents-Jours. Les limites définitives ne seront fixées que le 28 mars 1820 par le Traité de Courtrai. Pour rappel, Napoléon III essayera, dès 1868, de récupérer l’ensemble ou une partie de la Belgique pour l’inclure dans son empire. Pour calmer l’empereur, le gouvernement de Vienne lança l’idée d’une cession du Grand-duché de Luxembourg à la Belgique moyennant l’abandon par celle-ci à la France des cantons de Philippeville et de Mariembourg.
Après ce détour par la grande Histoire, revenons- en aux conséquences sur l’industrie marbrière déjà mise à mal par la Révolution et l’Empire. Les frontières étant rétablies, les douanes françaises imposèrent des droits d’entrée de respectivement 3 fr./100 Kg de marbres bruts en blocs; de 5 fr. pour les marbres sciés et de 44 fr. pour 100 Kg de marbres ouvrés. Cette augmentation de 41 fr./Kg entre la matière brute et la matière ouvrée représentait la fermeture de la frontière à la marbrerie belge travaillée. La doctrine du directeur de la douane était « d’acheter aux autres le moins possible et de leur vendre le plus possible ». Il faut ajouter que le commerce du marbre se fait à cette époque, à partir de Paris. C’est suite à ces conditions que la plupart des marbriers de la frontière belge vinrent s’établir en Avesnois. Le choix de cette région était dicté par la proximité des carrières, de la route Philippeville-Valenciennes et de cours d’eau qui permettaient d’établir des usines à scier le marbre. Ainsi s’établirent à Cousolre, les Rochez et Boucneau de Rance, Bien-Aimé de Barbençon, et d’autres marbriers, parmi lesquels, Wallerand, Herbecq, Maton, les Beaugrand de Solre-Saint-Géry, etc. Notons qu’au départ, ils installent uniquement des scieries et non des ateliers. On peut supposer que les carrières de Sainte-Anne de Cousolre avaient repris leur activité.
Que trouve t’on comme marbre dans la région au début du XIXème siècle ?
C.P. Brard(1808) cite pour le département du Nord : les Marbres de Rancé (rouge-brun), Barbançon (noir veiné de blanc), Clermont (gris cendré-clair, joint à une légère nuance de violet et mélé de taches noires, de veines blanches et aurores), de Trélon (rouge et jaunâtre), Grandrieux (gris, noir, et présente des veines blanches), et les marbres brèches de Dourlers et d’Etroeungt-la-Rouillie (morceaux de marbre verdâtre et cendré). Sous la dernière rubrique, il ajoute qu’il s’en trouve encore beaucoup d’autres dans le département du Nord, tels que celui d’Estries, qui ressemble beaucoup à celui de Clermont et un autre à Liessies qui ressemble un peu au marbre de Rance). Dans son édition de 1821, il ajoute bizarrement que le Marbre de Rance « est connu dans le pays sous le nom de pierre d’Avesnes» et il orthographie « Trolong » (note : la célèbre Pierre d’Avesnes(-le-Sec) est une craie dure, blanc grisâtre, d’âge Turonien, et exploitée depuis des siècles dans le Cambraisis).
Pour le département des Ardennes, il cite le marbre noir, veiné de blanc de Givet et deux marbres rouges (Givet et Charlemont, qui sont peut-être les mêmes). Il cite aussi les rouges de Franchimont et de Cerfontaine, et enfin celui de Charleville, ce qui ne peut être qu’une erreur.

Héricart de Thury (1823) dans son rapport sur l’état actuel (sic) des carrières de marbre de France, et qui pour certains chapitres pourrait être qualifié de pamphlet anti-marbres belges, donne une liste de 12 variétés de marbres dans le département du Nord. Outre qu’il reprend l’assimilation de la Pierre d’Avesnes avec le marbre de Rance, la moitié des marbres repris dans sa liste proviennent de carrières situées dans le Royaume des Pays-Bas (version 1815-1830). Ainsi, outre Rance, nous trouvons Barbançon, Clermont (La Pacagne), Grandrieux (2X) , et Fontaine-l’Evêque (Rouge de Fontaine). Parmi ceux localisés dans le département à la date de publication, nous trouvons le marbre de Trélong, les brèches de Dourlers et d’Etroeungt, et le Sainte-Anne, qui n’avait pas été mentionné par Brard. Il cite trois localités pour le Sainte-Anne : Honhergie, Ferrière-la-Petite et Maubeuge et le définit, comme le Grandrieux (gris, noir et blanc).
En ce qui concerne le département des Ardennes, il cite les mêmes que Brard mais en oubliant que Franchimont et Cerfontaine sont maintenant en Belgique. Par contre, il cite le marbre de la Folie Cassan, exploité à Montcy-Notre-Dame-les-Bois près de Mézières. Dans le texte, il parle de la découverte récente de marbres « très variés et de la plus grande beauté » à Moncy et à la Folie-Cassan ( ? ) Cette information pousse à la curiosité car la région est située dans les formations essentiellement terrigènes du Dévonien inférieur (Praguien). Héricart nous livre une longue description dont nous retiendrons, qu’ils sont noirs ou noirâtres à veines blanches plus ou moins régulières. « Ces marbres, qui ont une certaine analogie avec le tigre-chou de Flandre ( ?) ou avec ceux de la Mayenne, et même parfois avec le grand antique à fond noir, se rapprochent dans quelques parties au Sainte-Anne à grandes veines, et dans quelques autres, du Peschagnard de l’Isère ou du Bourbonnais à fond noirâtre ; mais ils sont distingués de ces différents marbres par de beaux fossiles (n.d.l.r. des orthocères) (…) ». Voyons si nous trouvons d’autres références au sujet de ces marbres. A.H.Dumont (1848) écrit que « le calcaire est rarement en masse considérable (dans le Praguien). Dans l’Ardenne et le Condros, ces masses n’ont jamais plus de 12 mètres d’épaisseur (Montcy-Notre-Dame)… On l’exploite pour faire de la chaux ; on a voulu employer comme marbre celui de Montcy-Notre-Dame. J. Gosselet (1888) signale, plus au Nord, du côté de Mouzon, le long du ruisseau de Maidimont, « des traces d’un four à chaux établi près d’un banc de calcaire encrinitique un peu plus épais que les autres ». Il ne fait nulle mention de marbre à Montcy.
Après cette digression, revenons- en à la politique protectionniste, pour constater qu’elle se maintiendra longtemps. Le Duc de Castries (1972) écrit en effet : « la vie économique sous la monarchie de juillet est en grande partie conditionnée par le régime douanier ; le blocus continental de l’Empire a habitué les Français au protectionnisme ; malgré les critiques, la Restauration l’a maintenu dans les grandes lignes et, à l’étonnement des économistes, Louis-Philippe et ses divers gouvernements y resteront fidèles. Dans cette attitude se révèle une constante due à des préjugés, survivances d’ancien régime, mais adaptées à la mutation sociale. »
Les différentes tentatives de changement se révèleront sans lendemain. En 1828, suite à l’enquête économique menée par le comte d’Argout « les méfaits du protectionnisme avaient été dénoncés : stagnation des activités économiques, immobilité des capitaux, insuffisance des moyens de communications, vie rétrécie par les représailles exercées par les Etats voisins contre les garanties douanières. »
Le succès du « Zollverein », union douanière tentée en 1835 dans une partie des Etats allemands donna à réfléchir. Quelques années plus tard, l’idée d’une union douanière franco-belge fut proposée, mais devant l’émoi provoqué dans le monde français des affaires, l’idée fut abandonnée. Elle fut reprise d’une manière plus restreinte en 1842 sous la forme d’une convention douanière ; mais on renonça aussi à ce projet.
Comme conclut le Duc de Castries « On peut donc juger qu’en dépit de quelques atténuations de détail, le protectionnisme fut maintenu pendant toute la durée du règne (de Louis-Philippe), mais fut corrigé par une contrebande discrètement tolérée » et comme l’écrit J. Heuclin (1980) : « la succession de ces lois protectionnistes par leur nombre même, prouve leur inefficacité, et pour la période 1815-1830 la balance commerciale de la France fut le plus souvent déficitaire. En 1825, nous constatons que les Pays-Bas sont les 3ème client de la France et les premiers de nos fournisseurs.»
Parler de l’industrie marbrière au début du XIXème siècle c’est essayer de comprendre une réalité très différente de la nôtre. Comme l’écrit J. Heuclin (1980), « dans les villages, l’activité agricole et industrielle sont étroitement imbriquées. Le menuisier, le charron, le marbrier est en même temps cultivateur pour son compte. Le système de la « fabrique » encourage d’ailleurs cette industrie à domicile. Le « fabricant » est un gros négociant qui distribue la matière première à des centaines d’ouvriers paysans et recueille ensuite les produits qu’ils ont façonnés suivant les spécifications qu’on leur a donné. Parfois d’ailleurs le fabricant vend ou loue à l’ouvrier la machine ou les instruments nécessaires. »
En 1830, on comptait à Cousolre 3 grands ateliers, fondés par des Belges, et près d’une dizaine de petits. On confectionne surtout des cheminées, essentiellement en marbres belges : marbres noirs de Dinant, rouges de Franchimont, « Brayelle » de Barbençon etc. Ils emploient 300 ouvriers dont la moitié sont des Belges qui viennent travailler à la journée ou à la semaine. A partir de 1840, Cousolre de centre d’extraction et de sciage va devenir un pays.
Avant 1914, les artisans de la pendule et de la bimbeloterie expédiaient les 3/5ème de la production vers l’Angleterre et son Empire, 1/5 vers les Amériques et le reste sur Paris. La prospérité a une fin et vers 1910, Cousolre voit disparaître les dernières carrières – épuisement, absence de débouchés, trop faible rentabilité. Rien n’est certain, écrit J. Heuclin, mais la population a déjà diminué de 50 personnes. Par ailleurs certains ateliers se trouvent dans une situation financière difficile. La Belle Epoque s’achevait, prélude à l’effroyable guerre de 4 ans. Les marbreries ferment leurs portes, les mobilisés prennent le chemin de la gare quant aux civils, ils prennent la route de Paris. Certains y trouvèrent du travail et y demeurèrent.

3 - Les Marbres des Vallées de l’Hogneau et des Honnelles.

Comme toujours, il est difficile de situer dans le temps les premières carrières. Les Romains ont certainement exploité de la pierre dans ces vallées, en vue de construire la ville romaine de Bavay. J’ai personnellement rencontré à plusieurs reprises des fragments de pavement et des mosaïques en Rouge belge et en « Noir français » de cette région.
La Cour-Le-Roi, à Compiègne, qui date de l’époque carolingienne, recèle un certain nombre de marbres de qualités et de coloris variés (Petitjean, M.1994) « Le marbre blanc provient de l’Apennin, des Cyclades et de la haute vallée de la Garonne. Le marbre coloré est extrait de Chemtou (Tunisie), de Laconie (Grèce – pour le porphyre vert), de Philippeville, d’Eubée (Grèce –pour le cipolin) et des Pyrénées pour la griotte. Le marbre noir est tiré des carrières proches de Bavay, puis vraisemblablement de la vallée de l’Escaut. Les zones de production des roches nobles, exploitées au Haut Moyen-Age sont peu connues. Il n’est pas possible de déterminer si les marbres issus de la fouille de Compiègne furent extraits dans des carrières contemporaines, ou si, ils furent récupérés dans des bâtiments gallo-romains ». Si l’exploitation était contemporaine, se serait la première trace de ce type d’activité depuis la chute de l’empire romain, dans nos régions.
Pour le Moyen-âge, A.Salamagne (1992) localise, outre les carrières locales situées autour des différentes villes de Valenciennes, Cambrai, le Quesnoy et Avesnes, deux centres producteurs de pierre pour le sud du Hainaut, celui de l’Ostrevant (pierre blanche et grès), et celui de l’Avesnois dans l’est du comté (pierre bleue). « L’ouest du Hainaut comme le Douaisis, bénéficiaient encore de l’apport d’autres bassins carriers, celui de Tournai-Antoing au XII-XIVème siècle, celui d’Ecaussinnes à partir du XIVème siècle. Cet apport de pierres de bassins carriers distants de plus de 40 km. fut en fait permis par l’utilisation des voies d’eau, l’Escaut et la Scarpe pour l’exportation de la pierre de Tournai à Valencienne et Douai, la Haine et l’Escaut pour l’exportation de la pierre d’Ecaussinnes à Valenciennes où elle était déchargée pour être convoyée par voie de terre jusqu’au Quesnoy. »
Ce sont surtout les applications qui nous permettent de connaître l’ancienneté de certaines carrières. A Bettignies, l’ancien presbytère, de style Renaissance, porte une pierre décorée d’un ciboire et qui est datée de 1559.
Les registres communaux de Bellignies de l’époque révolutionnaire, mentionnent l’état-civil et la profession dès 1780. Des « chauffouriers » et des tailleurs de pierres se retrouvent dans ces listes alors qu’il faut attendre 1823 pour voir apparaître la profession de « marbrier ». De même, sous la Révolution, les registres de l’Avesnois font état de 34 carrières de pierre de taille (Hon-Hergies, Gussignies, Houdain etc) et de 82 carrières de moellons. « Progressivement de 1815 à 1848 l’industrie marbrière va s’implanter solidement dans la vallée de l’Hogneau. Ce sera d’abord de petites scieries à bras ou avec des chassis à 4 lames, elles s’installent souvent à l’emplacement des moulins et plus tard de forges abandonnées. La force motrice s’imposant, les armures comptent davantage de lames métalliques parallèles.(…) Une scierie s’installe en 1820 à Saint-Waast-la-Vallée ; une autre en 1822 à Gussignies et vers 1830 à Houdain . Bellignies va bénéficier du développement de l’industrie et dès 1835 les actes d’état-civil indiquent de plus en plus de professions se rattachant au travail du marbre : Scieur, marbrier, polisseur… Ils sont en général nés en Belgique. A cette époque où le machinisme en est à ses balbutiements, va se créer dans toute la vallée un artisanat familial à domicile qui se prolongera pendant plus de cinquante ans. Les hommes pratiquent le découpage à l’épaule, taillent et usent le marbre avec des moyens encore primitifs : burins, gravelots, percent les pièces à l’aide de l’archet. Ils fabriquent eux-mêmes les instruments nécessaires pour travailler et adoucir. Les femmes, les enfants polissent, à la main ce qui demande beaucoup de temps, de patience, d’esprit d’initiative et d’observation. Le polissage nécessite de nombreuses opérations : emploi de quatre sortes de pierres de plus en plus tendres, du bouchon de bois, d’acide oxalique, démeri à adoucir, de produits divers, dont chacun gardait un peu le secret, appliqués en frottant avec énergie pour faire disparaître la petite aspérité, venait enfin la cire d’abeille imbibée d’essence de térébenthine pour obtenir un brillant durable. Les marbres noirs extraits des carrières de Hon-Hergies sont particulièrement difficiles à polir et demandent une grande expérience.»(A. Duronsoy, 1979)
En 1836, on compte à Hon-Hergies, 7 carrières de pierre bleue, 5 carrières de marbre, 5 fours à chaux et une scierie. La production est semblable à celle que nous avons mentionnée à Cousolre. A partir de l’arrivée de la voie ferrée dans la 3ème quart du XIXème siècle, les variétés de marbres aux teintes plus chaudes vont se décupler et la production sera écoulée plus aisément, mais toujours via Paris et sans atteindre celle de Cousolre. Ici, aussi l’industrie connaîtra sa période faste sous la 3ème république. Au tournant du siècle, toutes les communes de la région ne travaillent plus que pour le marbre. En consultant les registres d’état-civil, il apparaît nettement que la profession avec ses scieurs, marbriers, polisseurs, ciseleurs, graveurs, sculpteurs forme plus des 9/10èmes de la population.
Au cours de la Première Guerre Mondiale, toute activité cesse, mais elle reprendra très rapidement à la fin des hostilités. Dès 1927, la reconstruction s’achève et déjà pointe la Grande Crise des années 30. Les exportations vers les Etats-Unis et l’Angleterre cessent brusquement et le chômage réapparaît. Contrairement à la fin de la guerre précédente, il n’y aura pas de reprise importante et les ouvriers vont s’orienter vers la métallurgie. Quelques entreprises vont essayer de relancer la marbrerie…
Quant aux variétés de marbres ou pierres de tailles exploitées, la description détaillée des affleurements des terrains dévoniens dans les environs de Bavay par J. Ladrière (1905) est un outil incontournable. On peut en extraire les informations concernant les bancs marbriers essentiellement datés du Givétien.
A la base, nous avons les « couches de Hon-Hergies » dans lesquelles on distingue particulièrement le Sainte-Anne d’Hergies ou de Hon appelé aussi parfois Sainte-Anne français (ce qui porte à confusion avec le Cousolre, le Sainte-Anne de Trélon, de Rancennes etc), calcaire grisâtre compact, d’une dizaine de mètres d’épaisseur, pétri de stromatopores et de coraux disposés pèle-mèle et traversé en tous sens de veinules de calcite. Au-dessus, il y a d’autres bancs de calcaire bleuâtre avec veines et noyaux de calcite et de fossiles. Le Sainte-Anne repose sur des schistes et calcaires argileux à calcéoles. D’après Dumon (1959), il aurait été exploité jusqu’en 1955.
Au-dessus, nous avons les couches d’Hergies, d’Autreppe, de Gussignies formées d’un certain nombre de bancs, généralement noirâtres et qui portent parfois des noms qui les individualisent : le Radoga à géodes de calcite ; le poil d’herbes (bleuâtre) et le Coquiller de Gussignies (noir) à bellerophons et stringocephales ; le Saint-Vincent, gris à polypiers et stromatopores ; les Noirs à Amandes (lucines) ; le banc à Fontaines (noyaux de pyrite) ; la litée de Huit pieds à géodes de calcite (boules-de-neige), à murchisonies (le Fleuri ou Blondeau). La carrière Blondeau, ou Grande carrière d’Hergies, était déjà exploitée depuis longtemps. Guéttard et Monnet (1780) en font grand cas : « Cette vaste exploitation, l’emporte sur toutes les autres par la grandeur et la solidité des bancs et la bonté des pierres qu’on en tire. Les ouvriers peuvent tailler toutes celles qu’ils rencontrent, ils en font tout ce qu’ils veulent, surtout des chambranles de cheminées, des bancs, des marches d’escaliers. Cette carrière est une des plus grandes et des plus vastes que j’ai vues dans ma vie, ajoute M. Monet. J’y ai compté plus de vingt bancs, tous de bonne qualité. »
Un autre marbre, riche en murchisonies, stringocéphales et bellerophons est cité comme Marbre de Boussois.
Ces marbres sont désignés sous l’appellation plus générale de Marbre noir français ou Bavay. Rappelons que les marbriers continuent à importer des marbres noirs de Belgique, dont la granulométrie est nettement plus fine (Dinant, Denée, Golzinne) pour la confection des pendules et la bimbeloterie en général. Il s’ensuit une certaine confusion dans la nomenclature, d’autant que la détermination de la provenance d’un marbre noir pur est des plus difficiles, surtout sur base du seul examen visuel.
Le marbre de Glageon, est décrit par Sancholle(1850) comme présentant une grande analogie avec le Sainte-Anne français de la région de Bavay, mais il a le fond plus noir, et le mélange plus petit. Il renferme beaucoup de parties terreuses qui nuisent considérablement au poli. Il ajoute « la consommation des marbres du département du Nord est assez forte à Paris, parce qu’elle est provoquée par la modicité de son prix ; mais son emploi ne repose que sur les objets les plus ordinaires. »
La coupe du Givétien de la carrière de Glageon a fait récemment l’objet d’une étude détaillée (Boulvain, Fr. at al, 1995) De nombreux autres marbres noirâtres plus ou moins semblables aux précédents ont été exploités dans de petites carrières, mais leur énumération serait fastidieuse. Revenons cependant, sur deux variétés déjà mentionnées : le Sainte-Anne de Trélon et celui de Rancennes au Sud de Givet, qui sont des lumachelles de stringocéphales.

Le Frasnien était exploité dans la Carrière Lucq à Saint-Waast. On y trouvait du Noir veiné, du Noir moucheté, du Noir uni, du Noir rubanné etc.., du Poil d’herbe, du Saint-Waast à petites veines de calcite et grands gastéropodes, l’Oeil de Perdrix à petits points blancs, un Grand Antique avec ses grandes veines de calcite etc.

4.- D’autres marbres Frasniens

Nous avons déjà longuement parlé de l’histoire de Cousolre.
Le Marbre Sainte-Anne était exploité depuis longtemps à Solre-Saint-Géry, Gerpinnes, Gougnies, Biesme et Labuissière, près de Merbes-le-Château. Au XVIIIème siècle, plusieurs de ces communes possèdent une industrie de transformation du marbre basée sur la force hydraulique des moulins. Les carrières Puissant de Labuissière sont le point de départ de ce qui deviendra un véritable empire marbrier à l’échelle mondiale, car « Merbes-Sprimont » étendra ses activités en Belgique, en France (Jeumont, Gussignies, Fresnes sur Escaut, Glandieu, Marseille, Vitrolles, Sain-Maximin, Brignoles, etc) en Italie, au Portugal et même en Algérie (l’Onyx d’Aïn-Smara). Elle avait en outre, pris le contrôle de la S.A. des Marbres Français et des Marbres du Boulonnais. Le marbre Sainte-Anne provient de biostromes frasniens d’épaisseur variable, avec un maximum d’une cinquantaine de mètres (Barbençon et Renlies). C’est un calcaire gris-noir à larges efflorescences blanches et jaunes de calcite. Ce fleurage si particulier résulte de sections diversement orientées des organismes constructeurs qui le composent et où prédominent les stromatopores, des polypiers et des algues. De magnifiques exemples d’autels en marbre Sainte-Anne sont visibles dans l’église de Glageon.
Stratigraphiquement, après l’envasement des biostromes de Sainte-Anne, s’établit une nouvelle frange récifale(Marbre de Cousolre ou d’Hestrud). Celle-ci est constituée d’un calcaire gris, généralement plus clair à taches rouille et quelques taches et veinules blanches de calcite plus ou moins riche en stromatopores lamellaires et polypiers. L’ensemble dont l’épaisseur n’est que de 6 à 7 m. à Cousolre, est nettement rubané et plus terrasseux que le Sainte-Anne.
Localement, le biostrome est couronné par des formations lenticulaires constituées soit de marbre rouge à Phillipsastrea, soit de calcaire à stromatopores (Beugnies at al, 1963)
Au milieu du XIXème siècle, le m3 de Sainte-Anne se vendait à Paris, 640 à 700 Frs alors que le Cousolre se négociait de 440 à 460 Frs. (Sancholle, 1850)

En ce qui concerne l’exploitation du marbre rouge du Frasnien, nous avons déjà signalé que Givet, Charlemont étaient régulièrement cités depuis le XVIIIème siècle. Nous pouvons y ajouter Fromelennes. Rappelons également que durant son exil, le Comte de Paris occupait le château d’Agimont, construit sur un monticule de marbre rouge. Ces gisements, font partie des dizaines de récifs distribués régulièrement au sein des schistes du Frasnien terminal de la bordure méridionale du synclinorium de Dinant.
Jennepin (1900) cite l’exploitation du mud-mound de Jeumont, au compte personnel du Prince de Ligne, en 1790-1791, mais abandonné depuis. Plus près de Maubeuge, à Recquignies, Beugnies at al, (1963) signale un autre récif de marbre rouge, mais il n’aurait que 6,5 m d’épaisseur.
Un marbre rouge a été exploité à Surmont, près de la gare de Trélon ; trois autres récifs, à peu de distance l’un de l’autre sont connus à Château-Gaillard, au N.-E. de Trélon et dont Lecompte (1936) écrit que deux ont été exploités. Le troisième, de quelques mètres seulement de diamètre, est décrit par Lecompte à quelque 200 m au sud des deux autres et dénommé « petit récif du bois du Terne Godeau. A Wallers, une très ancienne carrière a entamé un petit mamelon, dénommé « Récif des Roliveaux »(Lecompte,1936). Le même auteur signale divers affleurements et deux excavations dans des calcaires crinoïdiques rosés et rouges très fossilifères dans les « monts de Wallers-Baives ». Aucune indication n’est connue quant à des usages en marbrerie de ces calcaires rouges. On trouve également dans la littérature la mention de marbre de Liessies. Il ne semble pas y avoir de mud-mound de marbre rouge dans cette localité, mais il est possible que comme dans le cas de Waulsort, par exemple, l’abbaye exploite un gisement. Rappelons à ce sujet l’anecdote rapportée par G. Ducarme(1957) : des colonnes de marbre de Rance, extraites et préparées dans le pays pour la chapelle de Versailles, ne purent y être transportées et les religieux de l’Abbaye de Liessies les firent servir à la décoration de leur église. C’est des débris de cet édifice que les tira Talleyrand à l’époque où il transforma l’ancien château de Pont de Sains en maison de campagne. Ducarme nous apprend que ces magnifiques colonnes ont été acquises après 1914, par des antiquaires et ont pris le chemin de l’Amérique pour décorer le domaine d’un milliardaire.
Ici aussi, il faut rappeler que les gisements de marbre rouge « belges », célèbres depuis des lustres sont très proches et approvisionnaient les ateliers en marbre brut. Le gisement de la Haie des Saules, bien que situé à Leugnies, en Belgique, n’était qu’un hameau de Cousolre. Il en est de même pour Solre-Saint-Géry, Grandrieu, Renlies, Barbençon et Rance qui ne sont qu’à quelques kilomètres à l’intérieur des frontières belges.

5.- Les marbres du Dinantien

Au sud du beau village de Marbaix, « on trouve des carrières considérables, ou plutôt une longue série de carrières ouvertes sur l’affleurement des couches du calcaire carbonifère, et qui sont célèbres depuis longtemps comme fournissant des pierres de taille qu’on transporte jusqu’à une grande distance… Le calcaire a généralement la teinte d’un noir bleuâtre qui le fait désigner sous le nom de calcaire bleu » Dufrénoy et Elie de Beaumont (1841) ajoutent que certains bancs contiennent des cherts et « d’autres sont remplis d’entroques, au point de prendre la structure connue sous la dénomination de petit granite, et de ressembler complètement au petit granite des Ecaussinnes et à celui de Ferrière-la-Petite.»
Ce calcaire encrinitique qui est l’équivalent, non pas du niveau des Ecaussinnes, mais du Calcaire de Landelies (Tournaisien moyen), est encore exploité à Yvoir, en Belgique, sous le nom de Petit granit du Bocq.
Ce calcaire, qui est un excellent matériau de construction, était exploité dans de nombreuses carrières en Avesnois. A Ferrière-la-Petite, Dufrénoy et Elie de Beaumont mentionnent « deux grandes carrières, qui donnent un beau marbre, lumachelle noir, analogue au petit granite des Ecaussinnes, et parsemé, comme lui, d’une infinité de petites taches blanches ou grisâtre dues à des entroques. Ces carrières présentent plusieurs autres variétés de marbres.». Il ne semble pas que ce matériau ait été poli ailleurs.
Parmi les localités de l’Avesnois dont le nom est bien connu des géologues européens figure celui de Bachant. Cette célébrité est due à la présence d’un niveau de paléosol, nommé « Banc d’or de Bachant » (Gosselet, 1888) et d’un calcaire bleu-noirâtre ou noir, de grain fin et chargé de matière organique et qui semble avoir fait l’objet de tentatives d’exploitation comme « Marbre noir de Bachant » Ce facies spécial est caractéristique de la bande viséenne de Ferrière-la-Petite. H. Derville (1952), a étudié ce calcaire du point de vue sédimentologique, notamment dans la carrière Adam (abandonnée et en voie de disparition), dans la carrière Lebrun sur la rive droite du ruisseau Glimour, dans la carrière Cuisset à Eclaibes et, derrière la gare de Ferrière-la-Petite, dans la carrière Mercier. Une étude semblable a été menée par B. Mamet (1964) qui nous livre quelques informations complémentaires : les carrières Adam et de Tripette (ou Lhoripette) n’offrent plus aucune coupe. La carrière Lebrun était exploitée par M. Lequeux jusqu’en 1962. Les carrières Cuisset et Mercier, étaient abandonnées mais offraient de bonnes coupes géologiques.
Ce marbre est cité par Dufrenoy et Elie de Beaumont (1841) qui se réfèrent à Poirier de Saint-Brice : « Les carrières de Saint-Remi-mal-Bâti et Bachant fournissent un marbre d’un beau noir foncé, analogue à celui de Dinant ».
Par contre L. Wirzing (1775) cite à Bachant un marbre « ex ftramineo et cinereo diluto partitum »(jaune-paille à gris clair) qui me laisse perplexe.

Le plus abondamment cité des marbres de l’Avesnois et peut-être le seul a avoir été utilisé lors de la décoration du Château de Versailles est la Brèche de Dourlers,
Le Marbre-brèche de Dourlers, est une brèche calcaire formée de fragments de diverses couleurs baignant dans un ciment généralement rougeâtre. A son sujet, on peut citer l’Oryctologie des Sociétés royales des Sciences de Londres et de Montpellier qui en 1755 la décrit comme « une brèche formée de taches cendrées, blanches, rougeâtres et autres »; P. Brard (1808) reprend cette définition et ajoute « on en trouve un à-peu-près semblable à Ogimont, dans le pays d’Avesnes en Hainaut »; d’Omalius d’Halloy la cite en 1828 ; de Chesnel (1849) reprend la description de l’oryctologie et Dufrénoy et Elie de Beaumont (1841) écrivent « qu'il existe aussi des carrières de marbre à Dourlers.On y trouve une brèche compacte… ». En 1853, la Session extraordinaire de la Société géologique de France, pressée par le temps, n’a pu s’arrêter qu’à Dourlers, où elle devait trouver une exploitation de la brèche qu’elle avait déjà observée à Berlaimont. Le fond de la carrière étant rempli d’eau, il a été impossible de voir le contact de la brèche et du calcaire sous-jacent.
Gosselet (1888) dans sa description de l’Ardenne, se contente de « le centre du pli synclinal passe au sud du village ; il est jalonné par des bancs de brèche, qui forment les rochers à l’angle du parc et qui ont été exploités comme marbre dans une carrière aujourd’hui abandonnée. ». A.Jennepin, en 1901, écrit qu’on exploitait à Dourlers un marbre nommé brèche de Hainaut, à cause d’une vague ressemblance avec la brèche d’Alep. A Dourlers même, il ne subsiste pas de témoignage de cette industrie, par contre, des carrières en activité dans la région montrent que le Calcaire bréchiforme de Limont, présente les mêmes caractéristiques que la Grande brèche viséenne, exploitée dans le passé comme Marbre de Waulsort, d’Onhaye ou Herculanum ou encore comme Marbre de Fontaine-l’Evêque. Brard (1921) nous indique que dans cette dernière localité, « l’on distingue quatre autres variétés de ce marbre. Le premier s’appelle le prêcheur ; le second, le marqueté ; le troisième, le blanc et rouge et le quatrième, l’arlequin.
Le Marbre de Leffe, près de Dinant, parfois orthographié Loff ou Leff et parfois dénommé « brocatelle » est également de la Grande Brèche.
P. Dumon (1959) considère également que ce que de Felice (1773) décrit comme Marbre d’Ogimont ( ?) dans le pays d’Avesnes est une brèche pareille à celle de Dourlers. Par contre, ce qui est décrit par divers auteurs, dont Brard (1808) comme le Marbre brèche d’Estroeng-la-Rouillie « composé de morceaux de marbre verdâtres et cendrés » me laisse perplexe. Il existe un village dénommé Larouillie au sud d’Etroeungt mais la carte géologique indique des formations crétacées. A Etroeungt même, je ne localise pas de brèche verdâtre. Il en est de même de celui de Chapelle-en-Thiérache décrite comme une brèche avec des taches verdâtres, blanches, rouges et cendrées.

6.- Le Boulonnais

Les roches les plus anciennement exploitées dans la région sont la Pierre de Marquise, calcaire oolithique ou pseudo-oolithique d’âge bathonien, les grès portlandiens, les craies blanches et les calcaires et grès dévonien du Boulonnais.(Colbeaux, 1992). L’étude réalisée en 1994, par A. Blanc des matériaux de construction de la cathédrale de Saint-Omer (XII-XVème siècle) est révélatrice à ce sujet
Les Marbres du Boulonnais, très activement exploités actuellement, sont d’âge viséen. Ce sont des calcaires clairs, généralement beiges, parfois roses ou violacées, homogènes ou en mélanges. Certains sont veinés par des stylolites rouges, violets ou noirs et parfois lardés de filonnets calcitiques. (Delattre,1973)
En 1931, H. Derville a décrit les organismes, généralement des algues, responsables des nombreux aspects décoratifs. Il a proposé 4 catégories :
1.- les marbres formés essentiellement d‘organismes : Henriette constitué de bandes ondulées et chiffonnées ; le Napoléon tigré dit encore « Pattes d’alouettes » à thalle buissonnant à lames déchiquetées et le Lunel fleuri composé d’algues en tubes rameux disposés en éventail et à texture zonaire donnant un aspect de volutes de fumées et appelé pour cette raison marbre « bouffées de pipe ». Le Brun fleuri serait à rattacher à cette catégorie.
2.- Les marbres formés de débris d’organismes noyés dans une pâte constituée de débris. Caroline, Rubané véritable, Notre-Dame A qui appartiennent à cette catégorie ont des textures rubanées et zonaires correspondants à des thalles d’algues alternant avec des débris ou des fragments.
3.- Les marbres formés uniquement de débris de forme et de taille variées, tels que brachiopodes, algues, foraminifères, céphalopodes, ostracodes et échinodermes. Le Joinville, le Lunel uni et les Loupinnes sont en réalité des sédiments calcaires à aspect un peu moins décoratif.
4.- Le célèbre Napoléon Grand Mélange correspond à une brèche formée de blocs anguleux et arrondis de calcaires variés.
Voyons à présent ce que l’on a écrit dans le passé.
Dans son dictionnaire d’Architecture, d’Aviler (1755) cite le Marbre de Boulogne : « espèce de brocatelle, mais dont les taches sont plus grandes et mêlées de quelques filet rouges. » Le jubé de la cathédrale de cette ville en est construit. Buffon, dans la partie « Minéralogie » de son Histoire naturelle (1785) reprend à peu près la même phrase : « On tire en Picardie le marbre de Boulogne qui est une espèce de brocatelle, dont les taches sont fort grandes, et mêlées de quelques filets rouges ». Le célèbre auteur n’est pas plus loquace en ce qui concerne les autres « marbres plus ou moins beaux et plus ou moins variés dans leurs couleurs. On en tire plusieurs sortes aux environs de Dinant (…) » et aussi des noirs purs à Liège (Theux probablement) et de Namur. En ce qui concerne le pays de Hainaut, il cite Barbençon, Rance et Givet.
Nous avons livré plus haut, les descriptions de C.P. Brard (1808), concernant les marbres du Nord. Voyons à présent ce qu’il écrit à propos de ceux du Département du Pas-de-Calais : 1° Le marbre noir qui n’est pas estimé, à cause du peu d’intensité de sa couleur qui est grisâtre par place. 2° Le Marbre brocatelle de Boulogne est tacheté et veiné de rouge, de sorte qu’on peut le considérer, jusqu’à un certain point, comme une espèce de brocatelle, mais dont les taches sont plus grandes que dans celle d’Espagne. 3° Marbre gris, rose et blanc, disposé par taches ou par veines. Il y a deux variétés qui diffèrent peu l’une de l’autre. 4° Le Marbre brun, qui est taché par places d’une couleur moins foncée que la pâte, et varié de veines et de linéaments blancs. 5°Le Marbre d’un rouge foncé, est varié de taches grises, qui sont dues à des madrépores ou à des corps organisés de la même famille.
Sa notice concernant le Marbre de Boulogne est plus explicite. En 1808, il ajoute entre parenthèses : vulgairement marbre Napoléon.
« On a découvert nouvellement, près de Boulogne-sur-mer, une espèce de marbre couleur de café au lait qui présente des veines blanches, grises et rousses, dont la contexture est lamelleuse dans certaines places, et compacte dans d’autres, qui reçoit un assez beau poli et qui est susceptible d’être employé avantageusement, soit en décoration des monuments publics, soit à l’ameublement des maisons particulières. Il offre encore plusieurs autres avantages, tels que de pouvoir fournir des pièces d’un grand volume, et d’être, quoique solide, d’un poids très modéré puisque le pied cube ne pèse que 180 livres terme moyen. Si ce marbre a quelque succès dans l’emploi que l’on commence à en faire dans le département du Pas-de-Calais, il sera aisé de le transporter à Paris ou ailleurs, par voie du Havre, de Rouen, etc. Ce qui a donné l’occasion de découvrir ce marbre, c’est la colonne que les troupes du camp de Saint-Omer, après une grande victoire, votèrent à la gloire de l’Empereur (en 1821, cela devient « leur chef » ce qui était politiquement correct) pour être élevée à Boulogne, sur le bord de la mer ; alors l’on fit des recherches pour trouver des matériaux propres à la construction de ce monument ; et après plusieurs fouilles, M. Piron découvrit ce marbre ; « et il s’empressa (dans l’édition de 1808 seulement) de donner à la carrière et au marbre qu’on en tire, le nom de Napoléon »
Le département du Pas-de-Calais renferme encore plusieurs autres marbres : tel est celui de Stingal, de Lingeon, etc ».En 1821, il ajoute d’après les dires d’un officiel « qu’ils ne sont propres qu’à la décoration intérieure. »
En 1823, dans son rapport sur l’état actuel des carrières de marbre en France, Héricart de Thury cite 11 variétés dans le Pas-de-Calais.
1° Le Stinckal de Haut-Banc, à Ferques (gris sombre ou bleâtre) . 2° Le Petit-Banc, provenant de la même localité (gris blanc, gris jaspé). Les deux premières variétés sont destinées à la marbrerie d’ameublement et d’architecture civile intérieure.
3° Le marbre d’Elinguehen (gris, blanc, rouge) ; 4° Le marbre de Beaulieu à Landrethun, présentant les mêmes teintes que le précédent. 5° Le marbre d’Hardinghen (rougeâtre, jaspé de blanc). Les variétés 3-11 sont présentés comme de beaux marbres monumentaux, les marbres 6-11 ont été employés pour la colonne de Boulogne. 6° Brecneques (la Colonne) de Marquise (gris-blanc très fin, moiré de gris sur gris). 7° Le Tigré à Hindrequen (brun, doux, tigré). 8° Le Sanguin (fond gris, blanc, veiné de lignes fines sanguines). 9° Le Ruban bleu de la même localité, (fond gris blanc, coupé de rubans blancs). 10° Le Noir de la Rochette à Hardinghen (noir veiné) et le 11°, dénommé Le Linghon à Ambleteuse, (gris-rouge veiné)
Pour information, la Colonne de la Grande Armée ou Colonne Napoléone, haute de 50 m. est l’oeuvre de l’architecte Labarre. La première pierre en fut posée le 18 brumaire de l’an 13 et atteignait 20 mètres en 1814. Les travaux reprirent en 1819 et la plate-forme fut posée en 1821 et l’on couronna la colonne d’un globe royal en 1823. Napoléon dut attendre 1841, pour pouvoir trôner au sommet. La statue actuelle, oeuvre de Stenne fut placée en 1962.
En 1850, dans son Dictionnaire, B. Sancholle, explique qu’il y a diverses carrières , mais qu’aucune n’a été ouverte avec l’intention d 'y extraire du marbre: « on y tirait des matériaux très propres aux constructions les plus solides ; mais seulement lorsque, dans l’extraction, on rencontrait un bloc d’une nuance assez vive et suffisamment égale, on le réservait pour en faire des chambranles de cheminées.
(…) On distingue quatre variétés principales dans le marbre de Boulogne : le napoléon, l’henriette brune, l’henriette blonde et la caroline.
1.- Napoléon. Il a le fond d’un gris clair, parsemé de petites taches grises, fleuries, couleur de terre, ressemblant assez à la racine du buis, avec des parties accidentelles de racines cristallisées, d’un blanc de lait.
2.- Henriette brune. Le fond est brun très foncé, fouetté ou panaché de taches d’un brun plus clair, presque jaune sur les bords, traversé par de petites veines de calcaire bien cristallisé.
3.- Henriette blonde. Cette variété ne diffère de la précédente que parce que le fond est d’un brun très clair, presque gris.
4.- Caroline. Le fond est gris clair, rayé de veines et d’ondulations plus ou moins foncées qui dépendent de la manière dont ce marbre est scié. Il a l’aspect du bois pétrifié.
Le marbre de Boulogne est généralement assez employé à Paris ; sa couleur triste et sombre l’empêche cependant de servir avec avantage pour l’ameublement. Son prix est de 580 à 730 fr. le mètre. » Pour avoir une échelle de comparaison, le Cousolre se vendait 440 à 460 fr ; le Glageon, 460 à 500 fr ; le Granit de Flandre ( le Petit-granit actellement), 525 fr ; les Noirs de Theux, Namur, Dinant… de 580 à 730 fr ; le Rouge royal, 640 fr, le Sainte-Anne de Belgique, de 640 à 700 fr ; l’Incarnat, de 700 à 875 fr ; le Griotte, de 1170 à 1800 fr ; le Portor, 1460 à 1800 fr, le Jaune de Sienne, 2340 à 3000 fr.et le Blanc statuaire, de 1800 à 3000 fr. le mètre cube, suivant la dimension des blocs.

Remerciements

L’auteur du présent article tient à remercier les nombreuses personnes qui ont contribuées à la rédaction : avant toutes choses, je voudrais rappeler la mémoire d’un ami, le Commandant Bernard Ducarme (1945-2000), répétiteur à la Chaire de Géologie de l’Ecole Royale Militaire de Bruxelles qui m’a fait apprécier la géologie de son village natal de Rance et qui m’a guidé dans les anciennes carrières des vallées des Honnelles et de l’Hogneau.
Mes remerciements vont aussi au personnel du Musée du Marbre à Rance et en particulier à Françoise Gohy et Florence Peltier. Merci aussi à tous ceux qui ont fouillé leurs souvenirs et leurs archives : Mme S. Beckary, Conservatrice au Musée d’Histoire naturelle de Lille; Mme D. Lebrun de Glageon ; Mlle S. Mouquin, historienne de l’Art ; Mme J. Biadatti, secrétaire du Cercle d’Histoire régionale de la Pointe de Givet.
MM. D. Coupaye, agrégé de l’Université; J. Danloux, géologue à Trélon ; C.Decavel, Maire de Berlaimont ; J. Henaut, Maire de Cousolre ; P. Heuclin de Cousolre et son fils J. Heuclin, Doyen à la Faculté catholique de Lille ; B. Mistiaen, professeur au département de Géologie de la même Faculté; R. Ramelot, historien amateur à Etroeungt ; E. Simon, éditeur de « Recherches Walhéroises » et F. Tourneur, chargé de missions à Pierres et Marbres de Wallonie.

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La géologie est la science qui traite de la composition, de la structure, de l'histoire et de l'évolution des couches internes et externes de la Terre, et des processus qui la façonnent. La géologie est une discipline importante parmi les sciences de la Terre. Associée à des méthodes de datation radiochronologiques et des études de météorites, elle a permis de déterminer l’âge de la Terre, que l'on estime actuellement à 4,57 milliards d'années. Elle intervient, en même temps que la géophysique appliquée, dans la recherche et/ou l’exploitation des ressources naturelles notamment le pétrole, le charbon, les minerais, les pierres précieuses et semi-précieuses et l'eau. Dans son acception actuelle, le terme géologie fut utilisé pour la première fois en français en 1751 par Diderot et créé en italien en 1603 par Aldrovandi. Le mot géologue est utilisé en 1799 par Jean André Deluc ; il fut fixé l’année suivante par Horace-Bénédict de Saussure.

La minéralogie est la science qui étudie les minéraux. Un minéral est une substance formée naturellement, généralement inorganique, exceptionnellement organique. Un minéral donné est caractérisé par une formule chimique et une structure cristalline, c'est-à-dire respectivement par la nature des atomes qui le composent et leur agencement dans l'espace. La minéralogie concentre les diverses approches d'étude des minéraux sur ces bases théoriques.

La paléontologie est la science qui étudie les restes fossiles des êtres vivants du passé et les implications évolutives de ces études. Paléontologue au travail. Patience et minutie sont deux qualités indispensables au paléontologue lors de la mise à jour et l'étude des fossiles. Les muséums d'histoire naturelle jouent, avec les universités un rôle majeur dans la conservation des collections et leur présentation au public.On distingue deux principales formes de paléontologie :

La paléontologie systématique : son objectif premier est le développement de phylogénies sur la base d'observations scientifiques. Pour le néophyte, la paléontologie s'arrête souvent à cette seule partie descriptive des fossiles.

La paléontologie générale ou fondamentale : les paléontologues s'intéressent alors aux problèmes généraux dégagés par la démarche systématique, aux associations entre les êtres vivants disparus et/ou actuels, à leurs évolutions, bref, à l'évolution au cours des temps géologiques.
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